La première fois que j’ai tendu un filet au-dessus de mes plantes, mes potes m’ont pris pour un fou. Six semaines plus tard, ils ont vu la récolte. Deux fois plus de grosses têtes qu’en culture classique, sur la même surface, avec la même lampe. Le SCROG, c’est ce genre de technique qui a l’air compliqué sur le papier et qui devient une évidence une fois qu’on l’a testé. On va voir comment ça marche et comment le mettre en place sans galérer, même pour un premier essai.
Le SCROG, c’est quoi au juste
SCROG, ça vient de l’anglais Screen of Green, littéralement écran de vert. L’idée est simple. Tu tends un filet horizontal au-dessus de tes plantes et tu guides les branches à travers les mailles pour former une canopée plate et régulière. Au lieu d’une plante en sapin avec une grosse tête au sommet, tu obtiens un tapis uniforme de têtes toutes exposées à la lumière.
« Le SCROG transforme une plante en sapin en un tapis plat couvert de têtes »
Le principe repose sur une vérité toute bête. La lumière ne pénètre pas bien dans une plante touffue, seules les têtes du haut profitent vraiment. En étalant la canopée, tu offres à chaque branche sa part de lumière. Une Gorilla Glue menée en SCROG donne ainsi bien plus de têtes de qualité qu’en culture libre.
Pourquoi ça booste le rendement
Le gain n’a rien de magique, il est purement mécanique. Plus de sites de floraison bien éclairés, c’est plus de têtes qui grossissent. Voici ce que le SCROG change concrètement par rapport à une culture classique.
En prime, tu maîtrises la hauteur de ta culture, un vrai plus dans un espace limité. Fini les plantes qui touchent la lampe. Tu gardes tout au ras du filet, bien exposé, et tu exploites chaque centimètre de ta tente. C’est l’une des techniques préférées de ceux qui visent le meilleur rendement.
Installer le filet
Le matériel est minimaliste. Un filet à grosses mailles, souvent en nylon ou en ficelle, tendu bien horizontalement au-dessus des pots. Il doit être solide et bien fixé, car il portera le poids des têtes en fin de floraison. Voici les repères d’installation.
Positionne le filet dès la fin de la croissance, avant que les branches ne deviennent trop rigides. Un filet bien tendu et stable, c’est la base d’un SCROG réussi. S’il bouge ou s’affaisse, toute ta canopée part de travers et tu perds l’intérêt de la technique.
Guider les branches pas à pas
C’est le coeur du travail, et c’est plus simple qu’il n’y paraît. Tu accompagnes les branches à travers le filet, doucement, au fil de leur croissance. Voici la marche à suivre.
- ✓Rabattre délicatement les branches sous le filet
- ✓Passer chaque tige à travers une maille
- ✓Étaler la canopée vers les zones vides
- ✓Répéter tous les deux ou trois jours
- ✓Garder une surface la plus plate possible
Combine le SCROG avec un léger étêtage de la plante en croissance. En coupant la tige principale, tu forces la plante à développer plusieurs branches secondaires qui rempliront le filet bien plus vite et plus uniformément.
Quand passer en floraison
Le timing du basculement en floraison est déterminant en SCROG. Tu attends que le filet soit rempli à environ 60 ou 70%, pas plus. Pourquoi pas 100% ? Parce que l’étirement du début de floraison va finir de combler les trous restants, la plante double presque de volume à ce moment.
Si tu attends que le filet soit plein avant de basculer, tes plantes déborderont largement et tu perdras le côté plat de la canopée. Pour bien maîtriser ce moment clé, notre guide sur quand passer en floraison détaille tous les repères. Une White Widow bien étalée à cet instant précis donnera une récolte spectaculaire.
SCROG et autofloraison
Le SCROG s’adapte surtout aux variétés photopériodiques, car tu contrôles la durée de croissance et donc le temps de remplir le filet. Avec une autofloraison, c’est plus délicat. Son cycle court laisse peu de marge pour étaler la canopée avant la floraison automatique.
Ce n’est pas impossible pour autant. Sur une auto vigoureuse, tu peux faire un SCROG léger en guidant simplement les branches sans étêter, pour ne pas la stresser. Mais franchement, pour débuter avec cette technique, une bonne photopériode reste bien plus permissive et pardonne mieux les hésitations. Le temps de croissance ajustable à volonté, c’est vraiment ce qui rend le SCROG si confortable avec les féminisées classiques.
Les erreurs de SCROG à éviter
Bon. Les boulettes qui font rater un SCROG pourtant prometteur. La plupart viennent d’un manque de patience ou de délicatesse.
- ✓Installer le filet trop tard sur des branches rigides
- ✓Basculer en floraison avec un filet déjà plein
- ✓Forcer une branche au risque de la casser
- ✓Laisser des zones du filet complètement vides
- ✓Négliger la solidité de la fixation du filet
Ne force jamais une branche récalcitrante. Une tige pliée trop brutalement casse net et tu perds tout un pan de ta canopée. Guide en douceur, un peu chaque jour, et laisse la plante s’assouplir naturellement.
La patience, encore elle. Le SCROG se construit sur plusieurs semaines, un petit geste après l’autre. Ceux qui veulent tout étaler en une fois cassent des branches et se découragent. Va doucement, la plante suit toujours si tu l’accompagnes sans la brusquer.
FAQ
Qu’est-ce que la technique SCROG ?
Le SCROG consiste à tendre un filet horizontal au-dessus des plantes et à guider les branches à travers les mailles. On obtient une canopée plate et uniforme où chaque tête reçoit un maximum de lumière, ce qui augmente le rendement.
À quelle hauteur installer le filet SCROG ?
En général entre 20 et 40 cm au-dessus des pots. La hauteur exacte dépend de la taille de tes plantes et de ton espace, mais le filet doit rester assez bas pour bien étaler la canopée dès la croissance.
Quand passer en floraison avec un SCROG ?
Quand le filet est rempli à environ 60 ou 70%. L’étirement du début de floraison finira de combler les trous. Basculer avec un filet déjà plein fait déborder les plantes et gâche l’effet plat recherché.
Peut-on faire un SCROG avec des autofloraisons ?
C’est possible mais délicat. Le cycle court des autos laisse peu de temps pour étaler la canopée. Un SCROG léger sans étêtage peut fonctionner, mais les variétés photopériodiques restent bien plus adaptées à la technique.
Le SCROG augmente-t-il vraiment le rendement ?
Oui, nettement, sur la même surface et avec la même lampe. En exposant davantage de têtes à la lumière, tu obtiens plus de bourgeons bien développés. C’est l’une des techniques les plus rentables en espace limité.
